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Frédéric Petit - L’Union Européenne face au Covid-19 : Impact, faiblesses et relance


Nous avons eu le plaisir de recevoir Frédéric Petit, député des Français établis en Allemagne, Europe de l’Est et Balkans, pour débattre sur le thème de l'UE face au COVID-19. La crise sanitaire du Covid-19 a amené à un questionnement du rôle de l’Union qui voit s’opposer deux visions distinctes ; l’une qui y voit la cause et facteur aggravant de l’épidémie, et l’autre qui y voit le meilleur atout pour lutter contre l’épidémie et reconstruire.

L’Europe à l'origine est d’abord “un moyen de médiation”


Une Union qui, si elle n’a pas été des plus visibles aux débuts de la crise, n’est pas restée inactive, un constat qui semble être d’autant plus facile à faire pour un expatrié dans un autre pays de l’Union. Frédéric Petit pointe ici le cas du fret routier. La Commission aura permis de créer un protocole commun afin de permettre de garantir la circulation du fret sur l’ensemble du territoire.

"L’enjeu de la crise était aussi de gérer l’immobilité au sein de l'espace Schengen afin de permettre une meilleure gestion des clusters via la fermeture des frontières nationales et parfois, comme en Roumanie, la fermeture de certaines villes."

Dans cette gestion européenne de la crise le 18 mai marque une rupture. F. Petit émet ici une distinction en cela que si la France est en quête d’unité européenne, c’est la cohésion que recherche l’Allemagne. Deux visions que la crise et la nécessité ont rapproché.

Comment expliquer une meilleure “réussite” de l’Allemagne dans la gestion du Covid-19 ?


Il est intéressant de noter que la France et l’Allemagne ont développé durant la crise deux modes de calcul différents, ce qui explique, du moins partiellement, cette différence d’appréciation. Toutefois l’Allemagne a encore un nombre important de clusters, certains inquiétants car ils ne sont pas géographiques mais professionnels.

En Hongrie, les pouvoirs spéciaux accordés à V. Orban sont-ils une menace pour la démocratie ?


F. Petit constate que la Hongrie, tout comme la Pologne, est un pays profondément attaché aux valeurs européennes, et c’est ce qui explique pourquoi toutes décisions politiques qui pourraient entrer en contradiction avec elle connaissent systématiquement un recul. Orban doit être vu comme une réaction au traité de Trianon et ceci explique donc ses manœuvres politiques.

En terme de cohésion européenne, doit-on s’attendre à davantage de cohésion ?


Si le risque de repli est bien présent force est de constater que la reprise de la cohésion et de la coopération sont à l’œuvre. F. insiste sur la notion d'espace public européen qu'il faut continuer à construire.

"C’est parce que le développement localisé profite à tous qu’il est important de prendre conscience de l’importance de cet espace public."

En alliant dans les esprits développement et espace public européen on pourrait ainsi faire naître ce débat dont on a tant besoin. C’est à ce manque qu’il faut que l’Union puisse palier, d’où la nécessité d’un débat global et populaire sur la question.

Dans le domaine de la défense, pour F. Petit le principal problème est celui de l’harmonisation des achats militaires, davantage que celui de la dépendance militaire des pays de l’Est vis-à-vis de l’OTAN. Il s’agirait que l’indépendance militaire européenne passe par des achats entre pays membres.


Retrouvez l'intégralité du replay en vidéo.

Edouard CABOT

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